Le contexte français

Entre 400 000 et 600 000 personnes sont atteintes de troubles autistiques en France (source CCNE 2008) et on n'estime qu'au moins 300 000 d’entre elles sont Asperger ou Autistes de Haut Niveau. La majorité de ces personnes ne sont pas diagnostiquées et ne sont donc pas prises en charge de manière adaptée.

La méconnaissance de ce handicap conduit à de longues errances thérapeutiques. De fait, en France, les personnes atteintes d’Autisme Asperger ou de Haut Niveau sont le plus souvent assimilées à tort à des personnes atteintes de psychoses.

Trop souvent orientées vers des hôpitaux de jour ou des hôpitaux psychiatriques non adaptés à leur prise en charge, ces personnes se retrouvent dans une situation qui, d’une part, aggrave leur handicap et d’autre part est coûteuse pour la société.

Pourtant, les moyens pour que ces personnes atteignent autonomie et intégration sont connues et reconnues, notamment dans les pays Anglo-Saxons (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Suède, Danemark, Australie…) : diagnostic précoce ; scolarisation en classe ordinaire avec le soutien d’une Auxiliaire de Vie Scolaire ; prise en charge cognitivo-comportementale adaptée ; aide spécifique pour l’insertion professionnelle.... Cette stratégie de dépistage-diagnostic et ces prises en charge cognitivo-comportementales adaptées sont à la fois simples, peu coûteuses et ont fait leurs preuves depuis 20 ans !

En 2012, l’Autisme est déclaré « Grande Cause Nationale ».

Et en mars 2012, la Haute Autorité de la Santé (HAS) rendait une recommandation de bonnes pratiques dans le domaine de l’autisme dans laquelle on peut lire les recommandations suivantes :

« Pour les enfants/adolescents avec TED présentant des compétences très hétérogènes selon les domaines de fonctionnement, en particulier pour les enfants/adolescents présentant un bon fonctionnement intellectuel ou un syndrome d’Asperger, il est recommandé de mettre en œuvre des interventions spécifiques structurées, centrées sur le développement des habiletés sociales (habileté de jeu, compréhension des situations sociales, compréhension des émotions, etc.) (grade B). Les thérapies cognitivo-comportementales spécifiquement adaptées aux personnes avec TED peuvent être utilisées chez les enfants/adolescents ayant un bon niveau de développement du langage oral (grade C). (HAS et Anesm / Service Bonnes pratiques professionnelles (HAS) et service Recommandations (Anesm) / mars 2012 page 29) »

Pour autant, ces recommandations sont encore trop peu mises en œuvre en l’absence, notamment, de professionnels formés. Il en résulte que la France accuse toujours un grand retard pour que les personnes atteintes de ce handicap obtiennent une place à part entière dans notre société, une intégration scolaire digne de ce nom, pour plus tard accéder à un travail et à une vie sociale autonome et épanouie.